Peintre de renom, romancier, chroniqueur et dramaturge, il est un acteur central du modernisme catalan à la fin du 19e siècle, jouant un rôle clé dans l’échange culturel avec la France. Né dans une famille d’industriels prospères, son parcours artistique commence aux côtés de Moragas en tant que peintre aquarelliste. Après une période de travail dans l’usine textile familiale, il s’affranchit en 1865 pour découvrir Paris, où il suit des cours à l’Académie Gervex. En 1887, il s’installe à Montmartre, entouré d’un groupe d’artistes espagnols, dont des figures emblématiques comme le critique d’art Miquel Utrillo et le peintre Ramón Casas, bientôt rejoints par le Basque Zuloaga en 1890. À l’Académie de la Palette, il s’inspire des travaux de Puvis de Chavannes et de Carrière, tout en fréquentant des lieux comme le Chat-Noir. Sa personnalité chaleureuse et mélancolique le lie à divers cercles littéraires et artistiques, rencontrant des personnalités telles que Léon Daudet et Erik Satie.
Ses premières œuvres, marquées par l’influence de Carrière, Whistler et l’estampe japonaise, illustrent des scènes intimistes et réalistes, avec des représentations délicates de portraits en plein air et des intérieurs de jeunes femmes ou d’enfants. Au fil du temps, Rusiñol s’oriente vers un symbolisme teinté de sentimentalisme, en écho à la tradition préraphaélite. Après son retour à Barcelone en 1894, il devient une figure incontournable du milieu artistique par le biais de son affiche, de ses décorations et de ses peintures et cofonde les Quatre Gats, un lieu de rassemblement pour les avant-gardistes qui rappelle le Chat-Noir.
Dans le petit port de Sitges, sa maison de pêcheur achetée en 1892 se transforme en une vaste villa ornée d’allégories gothiques. Le Cau Ferrat devient le centre des festivités modernistes, attirant de nombreux artistes et rendant hommage à Greco, dont il possède plusieurs œuvres, dont une célèbre Madeleine. Ce lieu est légué à la ville de Sitges et intégré aux musées de Barcelone en 1932, offrant un aperçu de l’œuvre de Rusiñol et de ses contemporains tels que Picasso et Zuloaga. Finalement, Rusiñol découvre sa véritable inspiration dans les jardins d’Espagne, un thème qui émerge lors d’un voyage à Grenade en 1892 et qui l’accompagne dans ses explorations à Majorque et en Castille, avec Aranjuez comme l’un de ses lieux de prédilection, où il décède en 1931.
Erik Satie dans sa chambre – La Bohème
Santiago Rusiñol – Paris 1891 Departament de Cultura, Arxiu Joan Maragall Generalitat de Catalunya
La Riallera – Suzanne Valadon – Paris 1884
Santiago Rusiñol – Museu Nacional d’Art de Catalunya Barcelona
0 commentaires